Le 12 septembre 2025, la note souveraine est passée de AA- à A+, soit une dégradation d’un cran. Elle ne remet pas en cause l’accès aux marchés, mais reflète un regard plus prudent sur les finances publiques, avec à la clé un coût d’emprunt potentiellement plus élevé pour l’État.
I/ Qu’est-ce que la notation souveraine ? :
La notation souveraine est une note attribuée à un État pour évaluer sa capacité à rembourser sa dette. Elle est donnée par des agences de notation privées, dont la plus connue ici est Fitch Ratings (avec Moody’s et S&P).
1) Comment ça marche ? :
Les agences utilisent une échelle de lettres, comparable à des notes scolaires :
• AAA / AA : très grande solidité financière, risque de défaut très faible
• A : bonne qualité, mais plus sensible aux difficultés économiques ou politiques
• BBB : dernier niveau considéré comme sûr
• en dessous : catégorie spéculative (“junk”)
Tant qu’un pays est dans la catégorie investment grade, il peut emprunter normalement sur les marchés.
2) Pourquoi ce système compte ? :
Même s’il est critiqué, ce système est largement utilisé par les investisseurs (banques, fonds, assurances) comme langage commun du risque. Une note ne dit pas “tout va mal”, mais donne un signal sur la solidité financière et la trajectoire d’un pays.
II/ Pourquoi la France a été dégradée en septembre 2025 ? :
Le 12 septembre 2025, Fitch Ratings a abaissé la note de la France de AA- à A+. Une dégradation d’un seul cran, mais symboliquement importante.
1) Les raisons principales :
1. Une dette publique très élevée : en 2025, la dette atteint environ 117 % du PIB, un niveau parmi les plus élevés d’Europe.
2. Moins de marge en cas de crise : plus la dette est élevée, plus il est difficile pour l’État de réagir à un
choc (crise économique, hausse des taux, ralentissement de la croissance).
3. Un contexte politique tendu : Fitch souligne des tensions autour du budget, qui rendent plus incertaines les décisions de réduction des déficits.
En résumé la France reste solvable, mais sa situation est jugée plus fragile qu’avant.
III/ Quels effets concrets après cette dégradation ? :
1) Un coût d’emprunt potentiellement plus élevé :
L’État emprunte chaque année des centaines de milliards d’euros. Une note plus basse peut pousser certains investisseurs à demander un taux un peu plus élevé.
• Début 2025 : taux autour de 3,0 %
• Le 9 janvier 2026 : environ 3,54 % en moyenne
L’effet est progressif, mais il augmente la charge de la dette à long terme (≈ 52 Md€ en 2025, ≈ 59 Md€ attendus en 2026).
2) Un effet domino sur les organismes publics :
La note de l’État sert souvent de plafond pour les entités qui lui sont liées. Après le 12 septembre 2025, fitch a dégradé 27 organismes publics français, comme :
• la SNCF
• la Caisse des Dépôts et Consignations
Même si leur situation propre n’a pas changé, leur note suit celle de l’État.
3) Un signal négatif pour les marchés :
Au-delà des taux, la notation joue un rôle de signal : elle influence la perception globale de la solidité financière du pays. Une baisse, même limitée :
• attire l’attention des investisseurs
• alimente le débat public sur la dette
• renforce la pression pour réformer les finances publiques